L'instant X

Tout peut changer en moins d'une seconde.

John-Christophe Ayina, amateur devenu professionnel en deux tirs

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Une fois les aveuglants projecteurs de la Coupe de France éteints, la plupart des héros d’un jour retournent dans l’ombre. Le nom de ces inconnus devenus stars le temps d’un match, d’un parcours, continue à vivre, témoignage d’un moment de grâce. Mais peu parviennent à capitaliser sur ces performances par définition éphémères, et à changer le cours de leur carrière. Un doublé contre Marseille a pourtant offert à John-Christophe Ayina un passeport pour le professionnalisme.

Un parcours semé d’embûches

Il y a six mois, il affrontait Niort, Orléans et Martigues. Mercredi, il est entré en jeu contre Barcelone. Un grand écart qui tient à une entrée en jeu décisive le 20 mars 2012. Jusque-là, Ayina n’était qu’un ancien joueur prometteur parmi tant d’autres. Formé à Guingamp, le Franco-congolais rejoint Paris en 2009 pour évoluer avec l’équipe réserve. Il a alors 18 ans, et est vu comme un joueur à potentiel. Mais, après deux saisons mitigées, il n’est pas conservé par le club parisien. Malgré 25 apparitions lors d’une deuxième saison où il est l’un des premiers choix en attaque, il ne trouve en effet le chemin des filets qu’à deux reprises, dans un carton face à La Duchère puis contre Monts d’Or Azergues. Insuffisant pour sortir du lot dans une équipe où Jean-Christophe Bahebeck empile les buts.

Toujours sans club à l’automne 2011, le natif de Rouen rend visite aux voisins de Quevilly pour s’entraîner dans l’attente de trouver un point de chute. Régis Brouard est intéressé par le profil complet de l’attaquant, mais l’argent manque. Au fil des mois, Quevilly passe les tours de Coupe de France les uns après les autres, et les recettes permettent de lui proposer un contrat fédéral. La galère prend fin le 25 février. Après 9 mois loin des terrains, John-Christophe Ayina rentre à l’heure de jeu contre Créteil. La semaine suivante, contre Le Poiré-sur-Vie il remplace Florian Fédèle à la mi-temps… et se fait expulser dans les arrêts de jeu. Un carton rouge assorti d’une suspension de trois matches. Pas vraiment le meilleur des débuts.

Dix minutes de grâce

Sa peine purgée, il est de nouveau apte pour la réception de Marseille en quarts de finale de Coupe de France, le match d’une vie pour tous les joueurs normands. S’il est sur le banc au coup d’envoi, Régis Brouard lui donne sa chance au début des prolongations, en pointe, à la place de Joris Colinet. Lancé dans la profondeur à la 108e minute, il a une première occasion de se montrer mais Souleymane Diawara le devance à la course. Deux minutes plus tard, il profite d’un centre parfait d’Herouat, se défait du marquage du même Diawara et marque d’une volée à bout portant. Son premier but au niveau professionnel, et celui d’une possible qualification pour les demi-finales. Oui mais voilà, Marseille réagit aussitôt et Rémy égalise juste après le coup d’envoi.

Ayina

Comme quoi, affronter Bracigliano peut changer une vie.

On se dirige alors vers la séance de tirs au but jusqu’à ce coup franc pour Quevilly à 40 mètres des buts adverses. Bracigliano rate sa sortie et percute Diawara. Les Marseillais marquent un temps d’arrêt, persuadés que l’arbitre sifflera une faute sur leur gardien. John-Christophe Ayina ne se pose pas de questions, voit le ballon qui traîne et le pousse dans le but du plat du pied… puis lève les bras et hausse les épaules en direction de l’arbitre, en signe d’incompréhension. Quelques secondes de flottement, avant de comprendre : malgré les protestations des Marseillais, son but est bel et bien valable ! Trois minutes plus tard, Quevilly est dans le dernier carré de la Coupe de France, et l’improbable joker est devenu un héros.

Un nouveau départ

John-Christophe Ayina retourne ensuite sur les terrains du National, toujours dans son rôle de dynamiteur venu du banc. En Coupe , il n’entre pas en jeu lors de la victoire contre Rennes, et ses quelques minutes contre Lyon ne changent pas le destin de la finale. Il marque enfin ses premiers buts en championnat lors de l’avant-dernière journée, loin de l’agitation des semaines précédentes, un doublé qui permet d’accrocher le nul à Bayonne. Ses premiers, mais aussi ses derniers.

Début juillet, il est proposé par son agent en Angleterre,  aux réserves du Real et du Barça et à Cordoba, qui ne tarde pas à le faire signer gratuitement. L’ambitieux club espagnol vient d’être battu en demi-finale des barrages de promotion en Liga par Valladolid, futur promu. Une énorme opportunité et un premier contrat professionnel à la clé, mais aussi vrai gouffre par rapport à Quevilly, équipe où Ayina n’était que le troisième choix en attaque. Evidemment, les supporters se demandent pourquoi avoir recruté cet inconnu de 21 ans qui compte moins de 6 heures de jeu en National et quelques dizaines de minutes en Coupe de France. Derrière l’ancien Lorientais Dubarbier, Javier Patino, Josely ou Rennella dans la hiérarchie des attaquants, Ayina n’a guère l’occasion de fouler les pelouses (deux entrées dans les derniers instants en Liga Adelante), mais son envie à l’entraînement lui permet de rester une solution aux yeux de son coach, Rafa Berges. Le 12 décembre 2012, à 21h45, il remplace Fede pour les cinq dernières minutes du match aller de Coupe du Roi face à Barcelone, et se mesure le temps de quelques instants à Xavi, Piqué et les autres. La Coupe, celle-là même qui l’a révélé, lui permet toucher du doigt son rêve. De Bracigliano à Messi, il n’y eut qu’un pas. Et même si la suite reste à écrire, la préface n’annonçait pas un aussi beau chapitre. Qu’il dure ou soit éphémère.

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13 décembre 2012 at 1806 06

Juanfran : grand pont, grandes conséquences

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Comment gérer une fin de match quand on n’a qu’un seul but d’avance ? Garder la balle en position offensive ou défensive, la rendre à l’adversaire en espérant tenir derrière, jouer vite pour faire une nouvelle décision … Les solutions sont multiples. Et la philosophie adoptée, rapidement repérable, est mise en évidence sur les coups de pieds arrêtés offensifs. Trop joueuse, l’Espagne s’est perdue à cause de deux erreurs offensives en 22 secondes, le temps qu’il a fallu pour qu’un corner se transforme en but concédé.

 

Un corner à l’envers

Jouer à deux n’est pas forcément une mauvaise solution, mais la mise en application est souvent ratée. La plupart du temps, le joueur protège le ballon et attend que le temps passe, généralement trois ou quatre secondes avant de prendre un coup d’épaule non sanctionné, et perd ainsi le ballon. Complètement idiote, cette stratégie a été renouvelée par l’Espagne. Plutôt que d’attendre, on agit en tentant un dribble qui, s’il passe, aboutira probablement sur le gain d’un nouveau corner ou coup franc et le coup de sifflet final. C’est Cazorla qui s’y colle, avec un grand n’importe quoi à la clé et une passe pour Sissoko.

Mais le vrai souci de la démarche ne tient pas tant dans cette décision que dans le positionnement des autres joueurs. A vrai dire, perdre le ballon en tentant un dribble ou en attendant, ça peut revenir au même. Et, au moins, on ne prend pas le risque de rendre la possession dans l’axe comme cela pourrait être le cas si on tirait le corner directement dans le paquet. Non, ce qui pose problème est l’absence de lien avec ce que font les autres joueurs. Trois dans la surface, deux mobilisés pour l’action, et un légèrement en retrait. Au total, ce sont six hommes qui sont en phase offensive, avec un seul sur la route d’une éventuelle contre-attaque en cas de perte de balle. Un, contre trois Français autour de Cazorla…

 

Le dribble de trop

Le vrai tournant arrive cependant quelques instants plus tard. Mobilisés en défense, les Bleus ne réussissent pas à ressortir le ballon sans le perdre, et Juanfran le récupère très haut. Les solutions à sa disposition sont multiples mais il préfère tenter le grand pont sur Patrice Evra. On a dépassé le temps additionnel depuis huit secondes, aucun milieu espagnol n’est marqué, mais le latéral tente de se payer Evra et d’apporter une dernière fois le danger sur les buts de Lloris. Une vraie volonté de mettre à mal son adversaire, puisqu’il n’arrive même pas lancé mais tente au contraire de dribbler sur une accélération. Présomptueux, et surtout totalement idiot tactiquement, peu importe le moment de la partie.

On peut aussi dessiner la petite ourse avec le milieu de terrain espagnol.

Venue en nombre offensivement, l’Espagne possède en effet six joueurs devant Juanfran, soit autant que de Français. Avec un septième quasiment sur la même ligne et très loin du ballon, plus l’intéressé qui sera d’office battu si son dribble ne passe pas, cela fait huit Espagnols qui ne peuvent plus intervenir directement sur l’action. Supériorité numérique gâchée, et donc infériorité numérique défensive à gérer. Le destin n’est plus entre leurs mains, et une attaque aux démarquages bien négociés aboutit presque inévitablement à un but.

 

Se fondre dans le moule

Ce qui rend la décision de Juanfran encore plus incompréhensible est qu’elle ne colle absolument pas avec la philosophie espagnole. Relativement conservatrice, en témoignent ces rares buts encaissés et nombreuses victoires par une faible marge lors des rencontres à enjeu, elle s’inspire de ce que disait Cruijff, à savoir que le meilleur moyen de défendre est d’avoir la possession du ballon. Pas question de changer sa manière d’agir pour protéger un résultat, seul le nombre de joueurs venant proposer des solutions offensives change. Les passes se font plus latérales, mais le quadrillage du terrain ne bouge jamais. Ce qui a une conséquence évidente : presque aucune contre-attaque à gérer, et des habitudes défensives très loin de celles qui consistent à jouer le hors-jeu ou faire du marquage individuel sur un attaquant isolé. Une double erreur de Sergio Ramos, la seule vraie erreur défensive de l’action d’ailleurs, qui sera la dernière avant le but.

Une question se pose : pourquoi le latéral de l’Atlético Madrid a-t-il tenté ce geste inutile et même inapproprié ? Impossible d’apporter une réponse définitive, mais deux évidences sautent aux yeux. D’abord, la sélection est en pleine confiance depuis quatre ans, et les gestes potentiellement dangereux sont de plus en plus nombreux. Rares sont ceux dont les conséquences sont fâcheuses, mais jouer avec le feu amène tôt ou tard quelques brûlures. Ensuite, Juanfran a très peu d’expérience internationale, et son entrée en jeu n’est liée qu’à la blessure d’Arbeloa, qui a quasiment le même âge et moins de qualités offensives. Alors, toujours en faire plus, pour montrer qu’on mérite sa place dans ce groupe et peut-être mieux, qu’on est digne d’Alba et de ses chevauchées, de Xavi et de ses passes, de Pedro et de sa vitesse ? A trop gagner, on en oublie parfois l’incertitude, et cette variable habituellement rendue prévisible. Cet inconnu qu’on ignore mais qui ne pense qu’en fonction de vous. Ce partenaire qui transforme un toro en match de football. Son nom : l’adversaire.

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17 octobre 2012 at 1604 34

Federer contre Del Potro… et contre la vidéo

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L’arbitrage humain possède l’avantage de ses inconvénients. Fait par une personne physique,  il peut être victime d’erreurs d’interprétation, de méconnaissances d’une règle voire même de malhonnêteté. Il a au moins le mérite de pouvoir être débattu, souvent inutilement certes, laissant la place à un échange et à la matérialisation d’une frustration. L’hypothétique injustice définitive et incontestable peut, en revanche, avoir de grandes conséquences sur le déroulement d’une rencontre sportive. Roger Federer le sait, lui que la vidéo a sans doute privé du titre à l’US Open 2009.

 

Une finale prometteuse

Sur le papier, l’opposition entre Roger Federer et Juan Martin Del Potro apparaît plutôt équilibrée. Le Suisse a vécu un tournoi relativement tranquille dans les premiers tours, même s’il laisse un set en route contre Lleyton Hewitt. La seule véritable alerte arrive en quarts de finale quand, après avoir réussi l’un des plus beaux sets de sa carrière, il fait face à un Robin Soderling qui se met à bombarder les lignes. Federer passe proche de devoir jouer un cinquième set mais s’en sort finalement à l’expérience. En demie, il écœure Djokovic et réussit au passage un coup entre les jambes devenu célèbre.

Del Potro vit également un 3e tour délicat, face au fantasque et même complètement frappadingue Autrichien Daniel Köllerer, depuis suspendu à vie. Là aussi ça passe en quatre manches, mais c’est une première alerte. En quarts, c’est Marin Cilic qui arrive à arracher le set initial, mais n’existe pas dans les trois suivants. Puis vient la leçon : un terrible 6-2 au cube envoyé dans les dents d’un Nadal diminué mais aussi complètement détruit par la puissance de Del Potro.

L’expérience joue pour Federer, mais l’impression laissée par le prometteur Argentin au tour précédent a laissé le monde du tennis sous le choc. Une seule question, pourra-t-il reproduire un tel niveau de jeu dans le contexte particulier d’une première finale de Grand Chelem ?

 

A sens unique

Comme face à Soderling, le numéro 1 mondial ne perd pas de temps et fait le break d’entrée. Sans être nécessairement parfait dans le jeu, sa longueur de balle empêche Del Potro de dicter le rythme de la rencontre et de prendre confiance. Le set initial est bouclé 6-3 alors que l’Argentin a sauvé 8 balles de break et ne s’en est procuré aucune. Un score presque trop gentil donc, et une domination rapidement confirmée par un nouveau break d’entrée de deuxième manche.

Petit à petit, les échanges se font de plus en plus nombreux et longs, Del Potro rate de moins en moins mais il ne parvient pas à concrétiser ses occasions de revenir au score. Et comme il doit également se battre pour sauver sa mise en jeu et ne pas perdre définitivement pied, difficile d’être optimiste sur ses chances de réussite. 6-3, 5-4 30-0 après une heure et demie de jeu, tout se passe pour le mieux pour le Suisse.

 

Les millimètres de la discorde

Alors que les millions de témoins ne deviennent plus que 23 000, la faute à une perte du signal vidéo partout dans le monde, la partie continue de plus belle. Et Juan Martin Del Potro, toujours vaillant, remporte deux superbes points qui ne resteront dans les mémoires que via des ralentis tronqués. Pas question pour autant de revoir les pronostics, ce genre de problème se réglant souvent par Federer à grands coups de premières balles.

Roger va aller casser la gueule de la machine.

C’est alors qu’arrive le point. Ce qui sera le coup du match, qui fera basculer une rencontre jusque-là déséquilibrée. Après son service, Federer enchaîne par une attaque de coup droit. Son adversaire répond par un improbable coup sans préparation d’une puissance extrême, pris quasiment de demi-volée, qui vient frôler le couloir. « OUT » hurle la juge de ligne, idéalement placée. Le challenge est instantanément demandé, ce serait dommage de se priver vu le moment de la partie. L’image se rapproche petit à petit et le verdict est implacable : ça touche. De peu, mais ça touche.

Le public et les commentateurs sont étonnés, Federer très énervé. Lui qui avait déjà été victime d’une décision vidéo qu’il jugeait injuste en finale de Wimbledon 2007, criant sur le court, au milieu d’insultes, que le hawk-eye devait être supprimé. Sur cet incident, il déclarait après le match :

I was like, all of a sudden, anything that is challenged now is certainly going to go against me – you feel like things are just not working out for you. So it took me a few games to kind of forget about it and I was ready for the fifth set, thank God. So in the end, it was okay.

Les protestations de Roger Federer en direction de l’arbitre, qui n’y peut évidemment pas grand-chose, continuent dans l’invisibilité, le faisceau étant à nouveau victime d’instabilités. Quand il revient, Del Potro vient de terminer son jeu de rêve en convertissant sa balle de break d’un superbe passing.

 

Le match continue, le souvenir reste

Deux ans auparavant, le Suisse avouait que la décision du hawk-eye avait été dure à avaler, et qu’il avait fallu plusieurs jeux pour oublier. L’histoire se répète puisque, dès le premier point du jeu suivant, qu’il perd en deux coups de raquette, il montre la marque avec sa raquette en marmonnant. Les qualités tennistiques ne se sont pas envolées, mais la sérénité et la rage de vaincre ont laissé la place à une tête basse, marquée par l’incompréhension. Certain d’avoir raison contre tous, pas forcément à tort puisque le système a une marge d’erreur de 3 millimètres environ, il ne peut même pas espérer que le public prenne fait et cause pour lui puisque la machine, soi-disant implacable, l’a déjugé.

Pendant encore un bon moment, tous les appels à la vidéo seront vécus par Federer comme une nouvelle rencontre avec ce bourreau technologique. Et si le reste de la finale se jouera au talent et au physique, le souvenir de ce moment litigieux ne partira jamais complètement. A quelques millimètres près, Federer aurait eu une balle de deux sets à zéro. Convertie ou non, aller simple vers le trophée ou pas, nul ne le saura jamais. Pas plus qu’on ne saura si, ce jour-là, la vidéo a rétabli la vérité ou nié celle que l’humain avait correctement jugée. En attendant, près de trois heures d’efforts plus tard, c’est un géant de près de 2m qui pouvait s’écrouler victorieusement sur le court Arthur Ashe, les pensées bien loin de tout ça…

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11 octobre 2012 at 303 46

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Miguel Palanca ne sera jamais un héros

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A 24 ans, bientôt 25, il est un joueur comme un autre. Ailier droit au club d’Elche depuis la saison 2010/2011, une formation qui caracole pour l’instant en tête de la Liga Adelante, la deuxième division espagnole, Miguel Palanca n’a rien d’une vedette. Il est un élément important de son équipe, mais n’est ni incontournable ni particulièrement décisif (43 titularisations pour 5 buts ces deux dernières saisons). A quelques centimètres près, sa carrière aurait pourtant pu basculer. L’énoncé de son nom n’entraînerait en tout cas pas cette froide et unanime réponse : « qui ? »

 

Le Clasico comme terrain de jeu

On est le samedi 13 décembre 2008, et c’est soir de Clasico. Le Barca de Pep Guardiola reçoit le Real de Juande Ramos, nommé le mardi en remplacement de Bernd Schuster. Sur le terrain, des stars (Eto’o, Messi et Henry d’un côté,  Casillas, Sneijder et Raul de l’autre)… mais aussi quelques joueurs au nom un peu moins enthousiasmant (Gudjohnsen, Metzelder, Drenthe). Le match n’a pas encore l’intensité presque guerrière qu’il aura quelques années plus tard, mais sa portée symbolique et médiatique est tout de même immense. C’est déjà la 15e journée et le leader barcelonais peut assommer des Madrilènes seulement cinquièmes, à 9 points du rival.

Pour son premier match à la tête du Real, Juande Ramos ne bouleverse pas le onze de départ de son prédécesseur. Suspendu, Robben est remplacé par Drenthe, alors que Sneijder et Metzelder remplacent Van der Vaart et Marcelo, Sergio Ramos étant décalé au poste de latéral. Sur le banc, un petit jeune de 19 ans jamais apparu parmi les pros : Miguel Palanca. Venu pour faire le nombre a priori, à l’image de Marc Muniesa en finale de Ligue des Champions l’année suivante, il n’est absolument pas destiné à jouer.

 

L’action d’une carrière

Oui mais voilà, Sneijder se blesse après une demi-heure de jeu. Plutôt que de faire entrer Van der Vaart, Juande Ramos tente un pari et lance Miguel Palanca sur l’aile droite. Sans complexe, celui qui avait été recruté à l’Espanyol Barcelone pour renforcer la réserve apporte toute son envie et sa fraîcheur. La technique est parfois hésitante, l’intelligence tactique dans le positionnement aléatoire, mais Barcelone est quelque peu perturbé par le jeu de cet inconnu. Et même s’ils dominent largement, les Catalans sont incapables de prendre l’avantage alors que l’on s’apprête à entrer dans les dix dernières minutes, et restent sous la menace des contres madrilènes.

Le duel d’un match pour l’un, d’une vie pour l’autre.

On joue la 79e minute, et c’est là que tout va basculer. Ou plutôt ne basculera pas. Miguel Palanca reçoit la balle sur l’aile à 35m des buts de Valdés. Deux crochets pour rentrer au cœur du jeu, un relai en une touche de balle avec Raul, et il se retrouve à 6m du but, dans un angle fermé. Plus de défense, aucun partenaire à servir, aucune question à se poser. L’action devient duel. Un duel entre un gardien alors souvent décrié et un gamin dont c’est le deuxième match en Liga, 18 mois après une courte entrée en jeu avec l’Espanyol. Un duel qui pourrait donner un avantage décisif au Real et son nouvel entraîneur dans le match le plus important de la saison.

Plutôt que de tenter une hypothétique frappe croisée, le gamin tire fort, sans contrôle, droit devant. Le geste est juste, tutoie la perfection, mais ne fait que la frôler. Valdés avance pour boucher l’angle, écarte les bras, et dévie le ballon de l’épaule. Pas un réflexe, pas tout à fait un coup de chance non plus, mais le tournant du match. Le ballon sort en touche, Palanca met les mains sur sa tête et se rend compte qu’il a raté sa chance. A quelques centimètres près, son tir serait passé entre l’épaule et la barre transversale. En attendant, il y a toujours 0-0.

 

La belle histoire n’aura pas lieu

Trois minutes plus tard, Samuel Eto’o dévie la balle dans le but à la suite d’un corner. Dans les arrêts de jeux, Messi se charge de plier définitivement l’affaire. Victoire 2-0, et 12 points d’avance au classement. Le score paraît sans appel, mais le scénario infirme la théorie du long fleuve tranquille. L’histoire retiendra que Barcelone a fait un pas décisif pour le titre ce soir de décembre 2008, tandis que quelques mémoires affutées raconteront qu’un jeune ailier, habitué à la réserve, aurait pu tout remettre en cause.

Une semaine plus tard, Palanca entrait à l’heure de jeu contre Valence. Deux semaines après, il remplaçait Robben en fin de match contre Mallorca. Retourné en réserve pour la suite de la saison, prêté à Castellon l’année suivante puis transféré à Elche pour deux ans, avec une clause de rachat pour le Real qui ne sera sans doute jamais activée, il n’a plus jamais vu la Liga depuis.

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8 octobre 2012 at 404 39

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Quand David Rudisha décida de tuer la tactique

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Il y a les courses reposant sur la vitesse pure. Le sprint. Pas de calcul, on reste dans son couloir et on donne tout jusqu’à la ligne sans penser à grand-chose d’autre que son placement technique. Il y a aussi les épreuves longue distance. Le demi-fond, où chacun essaie au mieux d’exploiter sa pointe de vitesse sur un dernier 400m, et le fond, où il faut savamment gérer ses efforts. Et puis il y a le 800m, épreuve hybride où chacun peut gagner si sa tactique est adaptée au format de course du jour. Peut, ou plutôt pouvait. Car ça, à l’échelle mondiale, c’était avant David Rudisha.

 

Une course comme une autre

Une discipline peut changer radicalement de visage à la suite d’une péripétie apparemment banale. C’est le cas du double tour de piste. On est alors le 21 août 2009, il est 21h24 quand le départ de la troisième demi-finale des Mondiaux de Berlin est donné. Favori, David Rudisha est englué au milieu du peloton et manque de tomber, un phénomène malheureusement habituel sur une distance où le placement est essentiel. Perturbé, son finish désespéré l’amène à la troisième place, moins d’un dixième derrière le Cubain Yeimer Lopez, deuxième et dernier qualifié direct. Non qualifié à la place, Rudisha n’est pas plus heureux au chrono puisqu’il échoue à 14 centièmes du temps du Sud-Africain Mulaudzi, dernier sélectionné pour la finale, lequel s’adjugera d’ailleurs le titre le surlendemain (Lopez terminant quant à lui bon dernier). Le reflet parfait d’une épreuve où le perdant d’un jour peut être le gagnant du lendemain, où dix départs donneront dix résultats différents. Le royaume du « Et si… » en quelque sorte.

L’élimination du Kényan en demie ne fait pas la une des journaux internationaux. Bien sûr, sa valeur chronométrique est incroyable pour ses 21 ans d’alors (1’43 »53), mais son palmarès vierge chez les seniors et sa nouveauté sur le circuit en font plus un outsider « dont on a entendu le plus grand bien », qu’autre chose.  Des surprises, il y en a eu, et il y en aura encore d’autres. Seule sa filiation avec Daniel Rudisha, médaillé olympique sur 4x400m 40 ans auparavant,  en fait un athlète sur lequel les commentateurs s’attardent. Cette échec est pourtant une claque pour le jeune homme, un électrochoc qui va changer totalement son approche de l’événement : puisque le 800m est une épreuve remplie d’impondérables, pourquoi ne pas tenter de les réduire au maximum ? Enlever l’imprévisibilité de la course.

L’ange s’est envolé.

Le sprint est la forme d’athlétisme la plus limpide. Personne ne se pose de questions, on va à fond jusqu’à la ligne. Même le 400m, où il est physiquement impossible d’être au maximum du début à la fin, comporte une gestion des efforts assez relative, qui consiste grossièrement à choisir pendant quel quart de course augmenter le rythme. Sauf à faire n’importe quoi, c’est-à-dire à utiliser cette petite réserve trop tôt et finir cramé, c’est toujours le meilleur qui gagne. Cet état de fait, David Rudisha l’a bien compris. Et il ne voit qu’un seul moyen de rendre sa distance prévisible : en faire un long, très long sprint. Une accélération progressive implacable, qui ne laisserait à personne la possibilité de changer un scénario simple, les trois plus forts aux trois premières places.

 

Une stratégie implacable

Ses incroyables qualités physiques aidant, le Kényan va de suite adopter cette stratégie, avec bonheur. En meeting, son lièvre Sammy Tangui mène le train puis s’écarte pour le laisser s’envoler vers la victoire. En championnat, Rudisha fait les choses tout seul, comme un grand. Pour schématiser, comme l’adage utilisé en cyclisme le dit : « Partir vite, accélérer au milieu et finir au sprint. » Impossible de faire dérailler la machine puisque le début de course est en couloir, seul le départ suicidaire d’un concurrent pourrait potentiellement le troubler dans ses répères. Car, hormis en meeting derrière son copain Tangui, David Rudisha court tout seul, plus ou moins loin devant la meute. Ses adversaires n’existent pas, il est seul face à ses aptitudes physiques.

Force est de constater que la recette est gagnante. Records du monde, multiples victoires en meeting (une seule défaite depuis 2009 sous la pluie milanaise et face à un Mohammed Aman auteur d’un énorme sprint), et cette apothéose avec un titre olympique assorti d’un record du monde totalement fou dans un tel contexte. Jamais l’absence de tactique n’avait été aussi positive pour un athlète dans l’histoire du demi-fond court. Il aura suffi d’un échec pour quelques centièmes aux dépens d’un obscur cubain pour que le visage d’une discipline soit changé. Une distance en pleine mutation où la nouvelle génération est sur des bases chronométriques encore plus hallucinantes que celles de Rudisha au même âge, avec peut-être la possibilité que Amos, Kitum, Aman et les autres arrivent à suivre régulièrement sa foulée dans les prochaines années. Pendant ce temps, à 31 ans, le roi de la tactique et des finishs improbables s’apprête à s’effacer petit à petit des pistes. Yuriy Borzakovskiy, comme ses contemporains, sait qu’il a bien fait de ne pas naître 10 ans plus tard.

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16 août 2012 at 303 05

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Chavanel, Rui Costa et Astana : l’échappée qui n’ira jamais au bout.

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Les événements qui vont suivre ont vraiment eu lieu. Ils se déroulent entre 13h28 et 13h41, n’auraient peut-être pas donné le visage prédit ici à la course, et ne seront jamais débattus. Pourtant, dans une étape remportée à la pédale par Thibaut Pinot en grande partie grâce aux efforts de Jérémy Roy, on aurait très bien pu avoir un Portugais vainqueur d’étape et un Français en jaune. Ou bien un Portugais faisant coup double. Nul ne le saura jamais, un instant X ayant justement changé le cours d’une histoire qui aurait pu être cousue de fil blanc.

 

Une décision apparemment banale

Un retour de bâton ? Pas vraiment, simplement les aléas de la course. Ce qui fait aussi la beauté du sport cycliste, son imprévisibilité. Si être le plus fort est toujours pratique quand on veut gagner une course, il faut aussi être le plus malin… et avoir un peu de chance. Deux ans après, Sylvain Chavanel en a fait l’expérience lors de cette 8e étape du Tour de France. En cyclisme comme ailleurs, la roue tourne. Il y a deux ans donc, le 5 juillet 2010 pour être précis, Sylvain Chavanel allait chercher le maillot jaune à Spa, mettant ainsi une cerise sur le beau gâteau de la victoire d’étape. Un succès acquis à la pédale, mais aussi grâce à la mansuétude de Fabian Cancellara, leader par le maillot et par la voix. Andy et Frank Schleck, entre autres, pris dans une chute, le Suisse avait alors incité le peloton à se relever, favorisant l’entreprise de Chavanel. Serait-il allé au bout sans ça ? Possible, pas certain. Aurait-il pris le maillot ? Non.

Quand soudain, Sylvain aperçut Jean-René.

En ce 8 juillet 2012, Sylvain Chavanel a subi ce que beaucoup de courageux vivent des dizaines de fois par saison : le retour du peloton sur son échappée alors que celle-ci était en train de se former. Du classique, forcément. Mais ce ne fut pas un retour comme les autre puisque initié par une équipe non représentée à l’avant, pas celle du leader donc, Astana en l’occurrence. Alors que Chavanel, en compagnie d’une belle brochette de coureurs très solides (Rui Costa, Voigt, Luis Leon Sanchez, Westra, Millar, Perez Moreno, Gilbert, Riblon et Nicki Sorensen), avait creusé un écart de près d’une minute, Vinokourov et ses copains se sont mis à la planche.

Une initiative presque désespérée à un moment où un groupe peut prendre trente secondes par kilomètre, qui réussit finalement grâce au travail intense de Bozic et les autres, lâchés pour la plupart juste avant la jonction. Quelques secondes d’hésitation en plus et l’échappée aurait été hors d’atteinte (avant un éventuel retour dans le final du moins) mais la réactivité des Astana leur a permis de boucher la minute de retard sur ce groupe. Un sacrifice apparemment stupide sur le moment, le tout ressemblant plus à une manœuvre pour embêter le monde qu’une réelle stratégie de course, qui va pourtant donner l’occasion à l’un des coureurs de l’équipe kazakhe de jouer la victoire.

 

Et si…

Un peu plus de trois heures plus tard, pourtant, tout le monde a oublié. Les coureurs à l’avant, leurs chances de victoires et ce qui les a condamné. Thibaut Pinot a remporté une victoire superbe, Fredrik Kessiakoff a fait preuve d’un incroyable panache mais manqué d’un peu de jus dans le final et Sylvain Chavanel est arrivé 42e à près de 5 minutes. Plusieurs minutes auparavant, dans le premier groupe de poursuivants et un total anonymat, Rui Costa a franchi la ligne avec Maxime Monfort et d’autres prétendants au top 10. Ces deux coureurs auront droit à quelques secondes dans le résumé et quelques lignes dans les journaux, eux qui auraient très bien pu être les héros du jour. Cyclisme fiction ? Certes, mais pas tant que cela. Sky pas vraiment motivée à défendre son maillot jaune, le groupe n’aurait sans doute jamais été repris.

La victoire d’étape se serait alors jouée entre ces costauds, et, à ce petit jeu là, un Chavanel en grande forme et un Costa sur la lancée de sa victoire au Tour de Suisse auraient pu offrir un beau spectacle sur fond de jaune. Pas moins beau, celui qui eut effectivement lieu a mis aux prises des coureurs totalement différents.  « Cela aurait pu être moi » se disent souvent les coureurs. Avec des si, on peut mettre Paris en bouteille, faire de la musique et couper du bois. Avec des si, on fait du possible un acquis. Il n’empêche, il suffit parfois de quelques mots relayés via oreillettes pour faire d’un jour de gloire un dimanche tout à fait banal.

Written by linstantx

9 juillet 2012 at 303 31

Jordi Alba : Quand une adaptation stratégique en club change le destin d’une nation

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La victoire de l’Espagne dans cet Euro, on le lit un peu partout, est celle de la polyvalence. Au milieu, les joueurs peuvent permuter et assumer tour à tour la récupération haute du ballon et des courses offensives. Le système tactique mis en place est impossible à résumer avec des chiffres et des postes définitifs puisque celui-ci se réinvente en fonction de ses besoins et de l’adversaire. Tout cela est exact, et repose sur une vraie intelligence tactique des joueurs. Mais la polyvalence est aussi derrière, au sein d’une défense infranchissable. Sergio Ramos, on le sait, peut évoluer sur un côté. Piqué a été formé en tant que milieu défensif, et les latéraux peuvent monter et jouer un vrai rôle offensif, même le parfois moqué Arbeloa. Au sein d’une sélection au sommet depuis 4 ans, il en est un qui a encore amélioré le niveau général : Jordi Alba.

Unai Emery, le Laurent Blanc inversé

Plus que son accélération dimanche en finale ou toute autre action qui pourrait être symbolique de son rôle prépondérant, le latéral formé à la Masia a bénéficié d’un instant X en deux temps. Le premier a eu lieu le 16 octobre 2010. Ce jour-là, Valence se déplace au Camp Nou. Pour contrer la machine catalane, Unai Emery veut appuyer sur ses faiblesses. L’une d’entre elles : le côté droit dans une position défensive. Si Daniel Alves est un formidable attaquant, il a beaucoup plus de problèmes quand il doit se contenter d’un rôle purement défensif. Pour faire souffrir Barcelone sur ce côté, le technicien choisit donc une option rendue possible par la polyvalence de ses arrières gauches : Jérémy Mathieu et Jordi Alba, légèrement en retrait dans la hiérarchie à son poste. Il décide de placer Mathieu sur l’aile, dans le même rôle que Debuchy face à l’Espagne, et aligne Alba en défense. Une composition d’équipe qui permet de doubler Messi et Alves défensivement, et de se projeter rapidement vers l’avant avec des joueurs rapides et bons centreurs.

Unai Emery vient de voir Réveillère et Debuchy dédoubler.

Si Valence perd la rencontre, ce n’est pas tant la faute du système de jeu que de l’écart de talent entre les individualités des deux équipes, ainsi que la conséquence d’un oubli défensif. L’idée a marché puisque Barcelone a très largement subi côté droit, et Alba a également prouvé ses talents offensifs, échangeant sa place avec Mathieu à de multiples reprises. Un an plus tard, on est alors le 21 septembre 2011, Unai Emery retente le coup. Depuis lors, il n’a plus réellement aligné la doublette dans le couloir, les deux hommes se partageant souvent le temps de jeu. Mais, au même problème les mêmes réponses, les deux latéraux occupent une nouvelle fois tout le flanc gauche.

Plus que des postes, des joueurs

La réussite du projet est encore plus marquante que la première fois, et Valence obtient un grand nombre d’occasions, décrochant un nul 2-2 plus que mérité. Plus que le score, c’est la manière qui interpelle, avec un Jérémy Mathieu aux percées dévastatrices. Pour faire un bon ailier, il ne faut finalement pas énormément de capacités différentes de celles que devrait posséder le (soi-disant) latéral moderne. Une bonne pointe de vitesse, une capacité à centrer en bout de course, et à repiquer ou plonger dans l’axe pour être à la conclusion s’il le faut. Jérémy Mathieu les a, Mathieu Debuchy un peu moins. C’est aussi ça la différence entre une bonne idée et une idée efficace : il faut avoir un joueur pouvant épouser parfaitement le rôle qu’on lui confie. Bref, en résumé, la combinaison de deux latéraux pouvant permuter est une réussite. A tel point que l’expérience va devenir habitude, le temps que Jordi Alba purge la suspension née d’une expulsion dans les arrêts de jeu. Exit Piatti, titulaire habituel dans le couloir gauche, et bonjour Mathieu. La victoire de la polyvalence sur la spécialisation, avec évidemment toujours la possibilité de faire entrer le déséquilibrant Piatti en fin de match.

Del Bosque dit merci

Jordi Alba devenu titulaire indiscutable (14 titularisations en 2010-2011, 27 en 2011-2012), il peut montrer l’étendue de ses qualités. Moins de trois semaines plus tard, il honore sa première sélection face à l’Écosse, combinant avec son vieil ami David Silva pour lui offrir un but après moins de dix minutes de jeu. Un compagnon au profil différent de Mathieu et Piatti, lui aussi capable de déborder, mais à la technique lui permettant de jouer à un poste de milieu au cœur du jeu. Alba, l’ancien joueur offensif reconverti latéral offensif, gagne sa place en équipe nationale presque immédiatement au profil de joueurs comme Nacho Monreal et José Enrique, profitant aussi de l’autodestruction portugaise de Capdevila. Désormais, l’Espagne possède dans ses rangs un défenseur gauche capable de participer au jeu de possession, plus qu’un Capdevila sur le déclin, solide défensivement et très direct. Sa capacité à vite se projeter vers l’avant, très utile à Valence, permet à la Roja de briser un rythme de jeu qui peut vite tendre vers la monotonie. Plus qu’un joueur de complément, il est une arme comme cette Espagne-là n’en avait encore jamais eu à un poste que l’on dit de plus en plus stratégique. Une fois installé, le frêle Jordi ne va plus bouger. Première étape de l’épopée : un Euro. A priori, ce ne devrait pas être la dernière. Le trophée en main, la tête dans les étoiles, le nouveau champion d’Europe doit aussi avoir une petite pensée pour Unai et Jérémy. Celui qui a eu l’idée, et celui qui l’a légitimée.

Written by linstantx

2 juillet 2012 at 1806 57